Études universitaires au Japon : par où commencer ?
Les universités japonaises proposent des formations dans presque tous les domaines, de l’ingénierie aux lettres en passant par la médecine. Pour un étudiant français, choisir ses études universitaires au Japon ne se résume pas à choisir une matière. Il faut aussi tenir compte du niveau d’études (licence, master ou doctorat), de la langue d’enseignement (japonais ou anglais) et de la voie d’admission.
Cet article présente cinq domaines d’études souvent recherchés par les étudiants internationaux : ingénierie et technologies, langue et culture japonaises, commerce et gestion, médecine et santé, sciences de l’environnement. Il ne s’agit pas d’un classement. Ces filières ne sont pas « les meilleures » pour tout le monde, et le bon choix dépend de votre projet, de votre niveau de japonais, de votre budget et de vos objectifs professionnels. Les exemples d’universités s’appuient sur les informations publiées par les établissements eux-mêmes. Pour chacun, nous précisons le niveau d’études et la langue d’enseignement, car ils varient beaucoup d’un programme à l’autre. Pour une vue d’ensemble des établissements, consultez notre classement des meilleures universités du Japon.
Le vocabulaire universitaire japonais en bref
- 学部 (gakubu) : faculté ou école de premier cycle (par exemple, la faculté d’ingénierie).
- 学科 (gakka) : département ou spécialité au sein d’une faculté.
- 大学院 (daigakuin) : école supérieure, qui prépare au master puis au doctorat.
La licence dure en principe quatre ans au Japon (contre trois en France), le master deux ans et le doctorat trois ans. La médecine se prépare en six ans.
Études universitaires au Japon : que disent les statistiques ?
Selon l’enquête annuelle de la JASSO (données au 1er mai 2025, publiées en mai 2026), les sciences sociales réunissent environ 36 % des étudiants internationaux de l’enseignement supérieur. Les sciences humaines en réunissent environ 21 % et l’ingénierie environ 18 %. Ces chiffres couvrent toutes les nationalités, avec plus de 90 % d’étudiants venus d’Asie. Ils regroupent premier cycle et études supérieures et reposent sur des catégories très larges. Ils indiquent où se trouvent les effectifs, pas quelle filière vous conviendra.
Ingénierie et technologies : quelles études universitaires au Japon ?

Le Japon a une forte tradition de recherche et d’industrie dans des domaines comme la robotique, l’automobile, l’électronique ou l’informatique. Ses universités proposent de nombreuses formations d’ingénierie : génie civil, mécanique, électricité, informatique, chimie, matériaux.
Côté langue, la plupart des cursus de licence en ingénierie sont enseignés en japonais, avec quelques voies en anglais (voir ci-dessous). En master et en doctorat, certaines écoles supérieures proposent des programmes entièrement en anglais, souvent organisés autour d’un laboratoire. Certaines universités collaborent avec des entreprises, mais aucun diplôme ne garantit un emploi (voir la section sur les débouchés plus bas).
Universités proposant ces domaines
- Université de Tokyo : faculté d’ingénierie (licence, puis écoles supérieures). Le cursus principal est enseigné en japonais.
- Université de Kyoto : faculté d’ingénierie (licence). Les cours sont généralement en japonais. Deux voies ne demandent pas de japonais à l’admission :
- le programme international de licence en génie civil, entièrement en anglais
- le Kyoto iUP, un parcours de 4,5 ans dont les cours des premières années sont en anglais et/ou en japonais, puis surtout en japonais en fin de cursus
- Université d’Osaka : faculté d’ingénierie (licence). Le cursus est en japonais. Les programmes de licence en anglais de l’université concernent les sciences humaines et les sciences (physique, chimie, mathématiques), pas l’ingénierie.
- Université Waseda : écoles de sciences et d’ingénierie (School of Fundamental Science and Engineering, School of Creative Science and Engineering). Elles proposent des programmes de licence « English-based » avec rentrée en septembre.
- Université d’Hokkaido : ingénierie (master et doctorat). Le programme English Engineering Education Program (e³) est dispensé en anglais.
- Institut des sciences de Tokyo (Institute of Science Tokyo) : il est issu de la fusion de Tokyo Institute of Technology et de Tokyo Medical and Dental University le 1er octobre 2024. L’ancien Tokyo Tech n’existe plus sous ce nom. Consultez les écoles de l’institut et leur langue d’enseignement.
Langue et culture japonaises
Sous cet intitulé se cachent des cursus très différents :
- Langue japonaise : l’apprentissage du japonais comme langue étrangère passe surtout par les écoles de langue, les programmes préparatoires et les cours de langue des universités. Certaines grandes universités n’ont pas de département consacré uniquement au japonais. Kyoto l’indique explicitement.
- Études japonaises : approche pluridisciplinaire (histoire, société, culture, anthropologie, sciences politiques).
- Littérature et linguistique japonaises : lecture de textes, histoire de la langue. Ces cursus sont en japonais et supposent un niveau très avancé.
- Histoire, culture, anthropologie : généralement rattachées aux facultés de lettres ou de sciences humaines.
Selon le parcours, la maîtrise du japonais peut être utile dans la traduction, l’enseignement, le tourisme, le commerce international ou la recherche, sans qu’aucun résultat soit garanti.
Universités proposant ces domaines
- Université d’Hokkaido : Modern Japanese Studies Program (MJSP) (licence de 4 ans). Le programme est bilingue anglais-japonais. Il est précédé de six mois de japonais intensif pour ceux qui n’ont pas le niveau pour entrer directement. L’entrée directe en licence demande un japonais de niveau intermédiaire.
- Université d’Osaka : Human Sciences International Undergraduate Degree Program (licence en anglais). Il comprend les parcours Politics and Global Studies, Japan Studies, et Diversity and Inclusion Studies, avec rentrée en octobre. À ne pas confondre avec le cursus d’études japonaises de la faculté des lettres, qui relève du cursus principal en japonais.
- Université Sophia : département de littérature japonaise (国文学科) (licence). Le cursus est centré sur la littérature classique, l’histoire de la langue et les textes en kanbun. Il suppose de lire des textes anciens en japonais.
- Université de Kyoto : programme de formation en langue et culture japonaises. Ce programme n’est pas un diplôme. C’est une année d’études financée par une bourse du gouvernement japonais (MEXT), destinée à des étudiants de licence en langue ou culture japonaises dans leur université d’origine.
À noter : le programme anglophone « Japan in East Asia » de l’Université de Tokyo (PEAK) n’admet plus de nouveaux étudiants à partir de l’automne 2027 (dernière admission : automne 2026).
Commerce et gestion
Gestion, finance, marketing, comptabilité, économie : les intitulés varient selon les universités, et « commerce » et « économie » sont souvent des facultés distinctes. Selon les établissements, des stages ou des partenariats avec des entreprises peuvent exister. Renseignez-vous programme par programme.
Universités proposant ces domaines
- Université Keio : faculté de commerce (Business and Commerce) (licence). L’enseignement est principalement en japonais et un haut niveau de japonais est demandé.
- Université Keio : programme PEARL (faculté d’économie, licence entièrement en anglais, rentrée en septembre). Le japonais n’est pas requis pour candidater.
- Université Waseda : École de sciences politiques et d’économie (licence « English-based » en science politique, économie et global political economy, rentrée en septembre). La School of Commerce, elle, ne propose pas de diplôme entièrement en anglais.
- Université Hitotsubashi : School of International Corporate Strategy (ICS) (master, MBA entièrement en anglais, de un à deux ans). Le cursus de gestion en japonais de l’université est dispensé par une autre école, au niveau master.
Pour les formations de niveau master, voir notre guide des meilleurs MBA du Japon et celui des écoles supérieures du Japon pour étudiants internationaux.
Médecine et santé : des études universitaires au Japon à part
La médecine est un cas à part. Étudier la médecine et être autorisé à exercer sont deux choses différentes.
- Études : au Japon, le diplôme de médecine se prépare en six ans. Les facultés de médecine des grandes universités enseignent en japonais, avec des stages cliniques dans des hôpitaux japonais. L’Université de Kyoto précise que ses cours de médecine ne sont pas ouverts aux étudiants d’échange.
- Exercice : pour exercer, il faut réussir l’examen national de médecin, qui se passe en japonais, puis suivre une formation clinique obligatoire. Les diplômés d’une faculté étrangère ne peuvent pas passer cet examen automatiquement. Leur dossier est évalué par le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales (MHLW).
- Exception partielle : l’université IUHW (Narita) enseigne en anglais la plupart des cours des deux premières années, mais l’examen national, lui, est en japonais, et la terminologie médicale en japonais fait partie de la formation.
- Autres métiers de la santé : soins infirmiers, pharmacie et autres professions réglementées ont en général leurs propres formations et examens. Vérifiez-les profession par profession.
Universités proposant ces domaines
- Facultés de médecine des universités de Tokyo, Kyoto et Osaka (premier cycle de six ans, en japonais). Les écoles supérieures de médecine, elles, relèvent des études de master et de doctorat en sciences médicales, ce qui est différent d’un diplôme de médecin.
- IUHW, École de médecine de Narita : cursus largement anglophone en début de parcours, voir ci-dessus.
- Institut des sciences de Tokyo : il regroupe les anciennes Tokyo Tech et Tokyo Medical and Dental University. Le programme de licence en sciences médicales et dentaires continue en grande partie sans changement, car le cursus est encadré par le système national de licences professionnelles.
Sciences de l’environnement et développement durable
Ce domaine est interdisciplinaire : écologie, sciences de la Terre, énergie, ingénierie environnementale, politiques publiques. Beaucoup d’offres se trouvent au niveau master et doctorat, souvent rattachées à un laboratoire.
Universités proposant ces domaines
- Université d’Hokkaido : École supérieure des sciences de l’environnement (master et doctorat). Le programme EPEES permet d’obtenir un diplôme entièrement en anglais, à l’exception de certains cours.
- Université de Kyoto : Kyoto iUP (licence). Des parcours des facultés d’ingénierie et d’agriculture sont liés à l’environnement, comme Civil, Environmental and Resources Engineering ou Agricultural and Environmental Engineering. Les premières années utilisent l’anglais et/ou le japonais, puis le japonais domine.
- Université de Tokyo : École supérieure des sciences d’avant-garde (Graduate School of Frontier Sciences), master et doctorat. Vérifiez les programmes en anglais directement sur le site de l’école.
- Université de Tokyo : PEAK, parcours Environmental Sciences (licence en anglais) : il n’admet plus de nouveaux étudiants après l’automne 2026.
Le japonais est-il nécessaire pour des études universitaires au Japon ?
Cela dépend du programme, pas du domaine. Un même domaine peut être enseigné en japonais dans une université et en anglais dans une autre.
Programmes en japonais
Selon le site officiel Study in Japan, les établissements exigent généralement un niveau JLPT N1 ou N2 et/ou un score minimal au test de japonais de l’EJU (autour de 250 points), sauf pour les programmes diplômants en anglais. Les exigences varient d’une école à l’autre : contactez directement l’établissement visé. Notre guide de préparation à l’EJU détaille cet examen.
Programmes en anglais
Il faut distinguer :
- les diplômes entièrement en anglais (par exemple, les programmes « English-based » de Waseda, PEARL et GIGA à Keio, EPEES à Hokkaido)
- les programmes bilingues ou à japonais intégré (Kyoto iUP, Hokkaido MJSP, le programme de sciences d’Osaka, où les premières années sont en anglais puis les spécialités surtout en japonais)
- les cours isolés en anglais, utiles pour un échange mais qui ne font pas un diplôme
Même dans un programme en anglais, le japonais reste très utile pour la vie quotidienne, les jobs étudiants, les stages et la recherche d’emploi. Le site officiel Study in Japan le recommande lui aussi.
| Domaine | Licence | Master / doctorat | À retenir |
|---|---|---|---|
| Ingénierie | Surtout en japonais, quelques voies en anglais | Programmes en anglais selon l’école | Vérifiez la langue des dernières années |
| Japonais / culture | Japonais ou bilingue | Variable | Langue ≠ études japonaises ≠ littérature |
| Commerce / gestion | Japonais, quelques programmes en anglais | MBA en anglais (ex. Hitotsubashi ICS) | Distinguer commerce et économie |
| Médecine / santé | En japonais | Programmes de recherche, variables | Examen national en japonais |
| Environnement | Rare en licence | Programmes en anglais (ex. Hokkaido) | Souvent lié à un laboratoire |
Comment choisir ses études universitaires au Japon ?
- Le niveau visé : licence, master ou doctorat. Un programme de master dans un domaine ne signifie pas qu’on peut y entrer en licence, et inversement.
- La langue : programme en japonais ou en anglais ? Quelle langue pour l’admission, et pour les dernières années du cursus ?
- La voie d’admission : EJU et examen propre à l’université pour les programmes en japonais, dossier avec SAT, ACT ou IB pour de nombreux programmes en anglais. Voir notre guide pour postuler dans une université japonaise.
- Le calendrier : les programmes en japonais commencent en général en avril, certains programmes en anglais en septembre ou octobre.
- Le budget : consultez notre guide sur le coût de la vie pour un étudiant étranger au Japon.
- Les débouchés : ils ne dépendent pas du seul domaine. Comptent aussi le niveau de diplôme, la spécialisation, le niveau de japonais, les stages, les exigences des employeurs et le statut de résidence. Aucune filière ne garantit un emploi. Voir notre guide pour trouver un emploi au Japon.
- Diplôme complet ou échange : si votre université en France a un accord avec une université japonaise, un échange d’un semestre ou d’une année peut être une première étape. Un diplôme complet suit une autre logique d’admission.
Vous hésitez encore ? Notre guide complet pour étudier au Japon et notre guide sur l’enseignement supérieur japonais pour les étrangers peuvent aider.
En résumé
Il n’existe pas de « meilleure » filière universitaire au Japon, seulement des programmes plus ou moins adaptés à votre projet, à votre niveau de japonais et à votre budget. Avant de choisir parmi les études universitaires au Japon, vérifiez toujours sur le site de l’université le niveau d’études, la langue d’enseignement et les conditions d’admission de l’année visée.
Si vous souhaitez renforcer votre japonais avant ou pendant vos études, Coto School Finder vous aide à trouver une école de japonais au Japon. Il accompagne le choix d’une école de langue. L’admission à l’université reste décidée par chaque établissement.
Pour aller plus loin
- Meilleures universités du Japon
- Guide pour postuler dans une université japonaise
- Préparation à l’EJU
- Trouver une école de japonais au Japon
- Commencer votre candidature
FAQ
Quelles sont les filières les plus populaires au Japon ?
Les statistiques de la JASSO montrent que les sciences sociales (environ 36 %), les sciences humaines (environ 21 %) et l’ingénierie (environ 18 %) regroupent le plus d’étudiants internationaux dans l’enseignement supérieur. Ces données concernent surtout des étudiants asiatiques et des catégories très larges : elles ne disent pas quelle filière vous convient.
Peut-on suivre des études universitaires au Japon en anglais ?
Oui, mais l’offre est limitée et variable. Waseda propose des programmes de licence en anglais dans six écoles, Keio deux (PEARL et GIGA), Kyoto, Osaka et Hokkaido quelques programmes. Les masters et doctorats en anglais sont plus nombreux selon les écoles. Vérifiez toujours si le programme est entièrement en anglais ou si les dernières années passent au japonais.
Faut-il parler japonais pour étudier dans une université japonaise ?
Cela dépend du programme. Les cursus en japonais demandent en général un niveau JLPT N1 ou N2 et/ou un score EJU, selon l’établissement. Certains programmes en anglais n’exigent pas le japonais à l’admission, mais le japonais reste utile au quotidien et pour l’emploi.
Quelles études universitaires au Japon offrent le plus de débouchés ?
Aucune filière ne garantit un emploi. Les débouchés dépendent du niveau de diplôme, de la spécialisation, du niveau de japonais, de l’expérience, des stages, des exigences des employeurs et du statut de résidence.
Comment choisir sa filière universitaire au Japon ?
Partez de votre projet professionnel, puis vérifiez le niveau d’études, la langue d’enseignement, la voie d’admission, le calendrier et le budget. Comparez les programmes un par un sur les sites officiels des universités.
Peut-on étudier la médecine au Japon en tant qu'étudiant étranger ?
Oui, des étudiants étrangers peuvent s’inscrire dans des facultés de médecine japonaises, mais les cursus sont en grande partie en japonais. Pour exercer, il faut réussir l’examen national de médecin, qui se passe en japonais.
Quelles universités japonaises proposent des programmes en anglais ?
Parmi les exemples : Waseda, Keio (PEARL et GIGA), Kyoto (programme de génie civil et Kyoto iUP), Osaka (sciences humaines et sciences), Hokkaido (MJSP, EPEES). Le programme PEAK de l’Université de Tokyo n’admet plus de nouveaux étudiants après l’automne 2026 ; l’UTokyo College of Design, entièrement en anglais, doit ouvrir en septembre 2027.